Drac’Eco, tourisme et business font bon ménage

La 5e édition de Drac’Eco, grand rendez-vous économique annuel de la Dracénie, a fait le plein - de monde, de courant d’affaires et d’échanges de fond - le 27 mars dernier au Domaine de la Bastide du Plan, à Callas. Tourisme et business ont montré leur avenir commun…
C’est à Callas, dans le joli cadre du Domaine de la Bastide du Plan, que Drac’Eco 2025, co-organisé par l’Union Patronale du Var (UPV), la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var (CCI), soutenu par Draguignan Provence Verdon agglomération (DPVa) et par de nombreux partenaires économiques, a fait salon, à la faveur de rencontres B to B sur les nombreux stands de professionnels, d’une grande table ronde dédiée au tourisme et business pour un avenir commun, d’un atelier IA au service du recrutement, d’un speed business meeting.
Eloge de la ruralité
Auparavant, les autorités organisatrices, partenaires et hôtes ont ouvert l’événement, à commencer par Daniel Maria, maire de Callas. Pour ce dernier, c’est « un marqueur fort que l’économie se déploie dans la ruralité. Sortons des stéréotypes, la ruralité est dynamique, a la volonté de créer, d’entreprendre », à l’image de la zone d’activités économiques qui a été votée et va voir le jour. « Pourquoi se limiter, nous avons des atouts », a-t-il plaidé, rejoint immédiatement par Richard Strambio, son collègue maire de Draguignan, qui a pris la parole en qualité de président de Draguignan Provence Verdon agglomération, soutien majeur de l’événement. « Quel bon choix », a-t-il adressé aux organisateurs, remerciant au passage la sous-préfète de Draguignan, Myriam Garcia, au premier rang, pour son attachement au territoire. Richard Strambio s’est réjoui d’une telle manifestation au cours de laquelle on parle économie en adéquation avec les besoins de proximité des entreprises, évoquant la formation, les industries de défense autour des pôles militaires locaux, et, bien évidemment, le tourisme, très présent de longue date, remontant à la route médiévale qui permis historiquement à Draguignan de se situer au cœur de l’axe principal du monde latin.
Roland Rolfo, président varois de la CMA, a mis l’accent sur « l’importance de l’artisanat sur ce territoire » et de ce type de manifestation permettant de faire réseau, « de ne pas rester seul ». Pour Basile Gertis, président de la CCI du Var, « la ruralité est l’essence même de la décentralisation. On parle de simplification qui est une nécessité, la ruralité est son aboutissement. « Vous n’êtes pas seuls », a-t-il également repris à son compte, soulignant l’engagement aux côtés des entreprises des chambres consulaires et de l’Union Patronale du Var.
Intérêt général
Représentant Véronique Maurel, la présidente de l’Union Patronale du Var, retenue par ailleurs au plus haut niveau de la CPME pour défendre les intérêts des entreprises, Stéphane Benhamou, président adjoint du syndicat varois et président du MEDEF dans le département, a commencé son propos à l’attention de Myriam Garcia. « Vous portez la politique de l’Etat, de l’offre, du développement économique qui va favoriser celui de nos entreprises ». Il a poursuivi en direction de Sylvain Audemard, président de la Chambre d’Agriculture du Var, à propos de la souveraineté alimentaire qui passe par la proximité et le labeur des femmes et des hommes. Il a salué Benjamin Bruno, parrain de ce Drac’Eco, et la mémoire de son père Clément, récemment disparu, pour leur travail exemplaire d’entrepreneurs avec leur établissement gastronomique de référence.
Stéphane Benhamou s’est aussi adressé aux dirigeants d’entreprise pour leur dire, entre autres propos, « c’est vous qui portez l’avenir du pays, le développement économique du territoire, c’est à vous que les élus doivent des comptes. La création de richesses et d’emplois c’est vous, l’attractivité du territoire aussi, et au final l’intérêt général. Nous sommes sur un territoire qui a tout à construire, mais rien ne peut se faire sans co-construction, comme rien ne peut se faire si nous ne pensons pas à la formation de la jeunesse et à la transmission. Travaillons ensemble cher Richard (NDLR : Strambio), pour les entreprises actuelles, pour celles que nous accueillerons demain, y compris en activité industrielle, en particulier autour de la défense, porteuse d’emplois qualifiés ».
Dynamique touristique
Une entrée en matière de qualité suivie d’un débat qui ne l’était pas moins, permettant sur la thématique du tourisme et du business de positionner la Dracénie par rapport à la richesse qu’elle explore en tant qu’espace d’avenir à entreprendre, sans la dénaturer. Drac’Eco étant un moment de mise en partage des réseaux, des constats, des idées, des envies aussi, les échanges ont été riches dans l’environnement élargi d’un secteur, le tourisme, qui a le vent en poupe (+ 6,8% l’an dernier selon la Banque de France), dans le département phare de l’hexagone sur ce segment d’activité, hors Paris.
Benjamin Bruno a parfaitement incarné dans ses interventions la qualité, tout auréolé de la confirmation de son étoile au guide Michelin pour son restaurant « Bruno » de Lorgues. Tourisme et business, cela lui parle forcément, tant il accueille du beau monde à sa table. Valérie Marcy, maire de la Motte et 4e vice-présidente de la DPVa en charge du tourisme, a évoqué les 8,5 millions de nuitées sur la Dracénie, la montée en qualité, le développement du tourisme d’affaires, la nouvelle offre hôtelière, la dynamique globale permettant une reconnaissance du territoire.
Circuits courts, idées longues
Sylvain Audemard, président de la Chambre d’Agriculture, a resitué les forces vives de l’agriculture varoise, entre autres 12 000 salariés, 3 500 exploitations, 1 milliard d’euros de production nette vendue, 500 millions d’euros de plus-value… Elle est aussi la plus durable au monde, puisque la France est la première en la matière à l’international, et le Var le plus performant du pays. Une agriculture qui a su et sait en permanence se remettre en question, se diversifier, en œnotourisme comme en production pour les circuits courts.
Produire en préservant l’eau, l’énergie, les sols, avec une faible empreinte carbone, cela fait participe aux enjeux de souveraineté agricole que prône avec force de convictions Stéphane Benhamou, au nom des syndicats patronaux qu’il représente, mais aussi en son nom, montrant depuis toujours l’exemple de la proximité, du soutien aux filières locales et aux productions bio à travers les enseignes Hyper U et So Bio de son groupe Pacaparticipations. Benjamin Bruno en a témoigné personnellement et avec gratitude, dont les vins qu’il s’est mis à produire ont été immédiatement vendus en rayon dans les enseignes de Stéphane Benhamou !
La qualité se fait label
Un éloge de la vertu incarné à travers les démarches de label qualité défendues par Inès Guwy pour le compte de la CCI du Var, en particulier Clef Verte, premier label de tourisme durable pour les hébergements et les restaurants. Christelle Depelsmacker, responsable de la filière tourisme mer au Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, est intervenue à sa suite sur le financement de l’économie touristique pour lequel sa banque a une action forte et de longue date sur le(s) territoire(s).
Au cours du dernier volet de ce débat couvrant un large spectre de champs touristiques, Emilie Thoméré, référente Var de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, et Célia Auclair, directrice du tourisme et de la culture au sein de la DPVa, ont commenté leur convention de partenariat autour des métiers de bouche, d’art et de production. Une collaboration qui s’inscrit dans le Schéma de développement touristique et culturel de l’agglomération et par laquelle une personne, Candice Bidault, a été embauchée par la CMA afin de recenser les besoins sur le terrain, y répondre en partie, animer les filières, préconiser des marges de progrès et des actions. Un renfort qui n’est pas du luxe afin de donner une meilleure visibilité.
Tenir ses promesses
Le luxe, c’est le domaine de Sibylle Bihour et son mari Fabien en leur Château Pimo, sans pour autant se prendre pour des châtelains. « J’ai les goûts les plus simples du monde, je me contente du meilleur », écrivait Oscar Wilde. Ce précepte est le leur, dans leur demeure du XIXe siècle entièrement rénovée tout en respectant le chant des oiseaux, le pittoresque et l’authenticité de la Dracénie. Les 5 chambres de cet écrin sont désormais prêtes, le spa bientôt opérationnel, et pour la restauration on peut faire appel aux « Trois garçons » de Draguignan, une brasserie traditionnelle de qualité qui fait aussi traiteur et chef à domicile. On y retrouve, accompagnant certains mets aux truffes, la patte et l’âme de Bruno.
L’établissement a bien l’intention de tenir sa promesse. Une notion essentielle pour Philippe Favoroso, dirigeant d’une entreprise de communication digitale basée en Dracénie, président de la délégation de Draguignan et du Haut Pays Varois de l’Union Patronale du Var. « En faisant vivre l’image du territoire, on crée de la valeur autour de son identité, profitant à son environnement économique », prône-t-il en expert de ces questions. Selon lui, « non seulement tourisme et business font bon ménage en Dracénie, mais on ne peut pas faire l’un sans l’autre aujourd’hui ». Une thématique qui sera largement abordée dans la consultation que lance l’UPV à dessein d’œuvrer dans la concertation sur des pistes concrètes de développement au sein de ce bassin de vie.
Autant d’éléments appréciés par la sous-préfète de l’arrondissement de Draguignan, Myriam Garcia, qui, outre le rappel des atouts du Var, département unique en son genre, premier de France en tourisme, premier aussi sur le plan militaire, notamment en Dracénie, a tenu à souligner à quel point l’Etat déconcentré s’engage au service du territoire, partenaire privilégié des développements et des entreprises. Les aides publiques diverses et variées ne se résument pas aux crises, elles s’inscrivent aussi et surtout dans le temps long.
A l’image de Drac’Eco, dont la 5e édition réussie prend date pour les suivantes, avec de belles promesses…
IA, mode… d’emploi
Drac’Eco 2025 a mis de l’intelligence à tous les étages, y compris artificielle via l’atelier « IA au service du recrutement ». Alexis Jalley, fondateur de l’entreprise Acteam-IT, basée dans le Nord et à Toulon a expliqué comment utiliser l’IA dans la gestion des compétences en entreprises, faisant évoluer la donnée pour mieux travailler sur la notion de parcours. Selon lui, il ne faut pas avoir peur de ces évolutions, tout en ayant en tête que si l’IA ne remplacera pas les personnes, celles-ci sont en revanche susceptibles d’être remplacées par d’autres qui sauront utiliser l’IA…
Aymeric Verdier, conseiller France Travail sur le territoire de Draguignan, a décliné les nouvelles solutions d’intermédiation active entre l’offre et la demande à l’aide de l’intelligence artificielle. La data-emploi a fin son chemin depuis 10 ans dans cette administration publique, première du genre à s’être créer une charte IA. L’efficience, auprès des demandeurs d’emploi comme des entreprises, est le maître-mot.
Dirigeant de Proxima Intérim (Saint-Raphaël), Thibault Astolfi est spécialisé dans le conseil en recrutement et l’utilisation des outils IA chez lui parfaitement maîtrisée, en interne d’abord puis dans le cadre des interventions extérieures. Un véritable apport en marque employeur qu’il fait monter en puissance, considérant que les chefs d’entreprises n’ont pas forcément le temps de gérer toute la donnée en ressources humaines. Pour bien l’utiliser et apporter des réponses augmentées, il est impératif de connaître le mode… d’emploi, à commencer par savoir « prompter ». Sinon l’IA peut « halluciner », à savoir donner des réponses fausses ou trompeuses.
Quand bien même l’essayer c’est l’adopter, n’oublions jamais que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme… ».








Présentations d’entreprises, de dirigeants, reportages sur des initiatives privées et publiques concourant à l’activité économique, analyses de conjoncture, retours sur des événements.